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CHRONOLOGIE

Histoire résumée de Chios



Au sujet de Chios, voir également :

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Calice
Calice de Chios - ca 580 av.J.C.


CHRONOLOGIE DE CHIOS:

env. 21000-2000 av.J.C – (Période proto-helladique) Emborios (ancien centre de la ville de Chios prés du Kastro).

env. 11000-1100 av.J.C – (Période mycénienne) Phana (établissement dans l'extrème sud de l'île).

env. 1000 av.J.C – Texte de la plus ancienne des lois constitutionnelles de l'Occident : la "rhètrè" de Chios, où le ton démocratique de la loi est indéniable. Il avait été gravé sur un cube de pierre fiché sur un pieu, ce qui permettait de faire tourner la pierre et d'en lire sans bouger, les quatre faces. [FBB - 01-01-09]

493 av.J.C – Destruction de Chios par les Perses.

431 av.J.C – Début de la guerre du Peloponnèse.

424 av.J.C – Fortification de Chios.

364 av.J.C – Révolte de l'île contre Athènes, fomentée par les Thébains.

146 av.J.C – Imposition de la Loi romaine.

86 av.J.C – Prise et destruction de Chios par Zenobios, amiral de Mithridates.

250 ap.J.C – Martyr de St Isidore à Chios.

312 ap.J.C – Edit de Milan. Reconnaissance du Christianisme.

330 ap.J.C – Fondation de Constantinople.

env. 650 ap.J.C – Destruction de Chios par les Arabes sous le règne de Moawiya.

1042-1055 ap.J.C – Règne de Constantin Monomaque. Fondation de Nea Moni (nouveau monastère).

1054 ap.J.C – Separation des églises Orthodoxe et Catholique. Très hostiles l'une envers l'autre. La minorité de catholiques vint se mettre sous la protection de l'ambassadeur français à la PorteMalgré ce fait, un curieux contrat fut signé par l'évêque catholique pour louer l'église (autrefois cathédrale) de Hagios Vassilios Petrocochinopour le rite latin. [Philip Argenti pense que plusieurs églises avec de caractéristiques doubles nefs étaient partagées par les Catholiques et les Orthodoxes, soit pour abriter de surprenants et habituels mariages mixtes, soit à cause de l'interdiction des Ottomans de construire de nouvelles églises.]

1089 ap.J.C – Incursion du pirate turc Tzachos avec une flotte de 40 navires. Il occupe Chios, Phocea, Clazomena et Lesbos, battant la force punitive envoyée contre lui de Constantinople par l' Alexis. La seconde expédition d'Alexis finit sans aboutir lorsque son chef Constantine Dalassenos, tente [inexplicablement] de négocier pour reprendre l'île, donnant ainsi à Tzachos le temps d'arriver de Smyrne avec 8000 hommes pour asseoir sa position. Tzachos investit de nouveau le Kastro pendant que les troupes de Dalassenos prennent position sur le mont Tourlotti. Apprenant qu'une troisième expédition sous la direction du frère de l'Empereur, Jean, est en marche, Tzachos retourne à Smyrne pour chercher des renforts mais l'île est investie pendant son absence. Tzachos sera empoisonné peu après par le Sultan Kilikji Arslan pendant un banquet.

1124-25 ap.J.C – Expédition par les Vénitiens sous le commandemant de l'Amiral Michele qui, s'étant emparé déjà de Tyr, investit plusieurs îles appartenant à l'Empereur Jean II. Le corps décapité de Saint Isidore, patron de Chios, est emmené à Venise. Caché dans le Palais des Doges, il ne sera re-découvert que deux siècles plus tard et placé dans un sarcophage de marbre dans une chapelle de la cathédrale Saint Marc. Le crâne, manquant, fut retrouvéet plus tard, enchâssé dans un magnifique reliquaire d'argent doré et fait partie maintenant des joyaux du Trésor.

1170-71 ap.J.C – Seconde expédition par les Vénitiens sous la conduite du Doge Michele II. Revenche pour violation de la foi par l'Empereur Manuel. Mais les troupes vénitiennes d'occupation qui sont disséminées par la peste, accusent les Grecs d'avoir empoisonné l'eau et s'en retournent avec seulement dix-sept navires.

1204 ap.J.C – Prise et mise à sac de Constantinople par les Latins. Quatre chevaux de bronze, rapportés de Chios par l'Empereur Theodose sont emportés de Constantinople et installés au-dessus de l'entrée de la Cathédrale Saint-Marc à Venise. Chios tombe alors rapidement dans les mains des Vénitiens et Pietro Giustiniani est désigné seigneur de l'île jusqu'à ce qu'elle soit prise de nouveau en 1225 par l'Empereur Vatatzes.

1261 ap.J.C – Le Traité de Nymphaion – La première 'soumission' de Chios aux Génois qui en ont reçu la permission de l'Empereur pour y maintenir leur installation, incluant un palais, une église, des jardins, des bains publics, des habitations et leur propre consul. Les Génois voient en Chios une place essentielle pour leur empire commercial à cause d'une part: a) sa puissance et son influence dans les Colonies commerciales de la Mer Noire; b) la proximité des mines de bauxite de Phocea proche du continent; et c) son monopole naturel du mastic.

1292 ap.J.C – Siège de Chios par un sicilien Roger de Loria (Llurie).

1300 ap.J.C – Raid par les Turcs.

1303 ap.J.C – Raid par un catalan, Roger da Flor.

1304-1329 ap.J.C – Chios tombe sous la loi des aventuriers génois, Manuel et Benetto Zaccharia, Benetto ayant épousé la sœur de l'empereur. S'ensuit un traité avec l'empereur qui concède, pour une durée de dix ans, le droit de protéger l'île à condition qu'elle reste sous la souveraineté de Byzance et que le l'oriflamme impé flotte sur le Kastro.

1307 ap.J.C – A la mort de Benetto Zaccharia, son fils Paléologue prend le pouvoir et plus tard, négocie une prorogation de cinq ans pour sa Loi, quoiqu'il disparaisse la même année. Ses neveux Benetto II et Martino (le plus puissant des deux), lui succèdent et sous leur règne Chios devient la plus riche des îles de la Mer Egée. Le bail est renouvel&eacte; tous les cinq ans jusqu'en 1328, lorsque Andronicus Paléologue devient Empereur.

1328 ap.J.C – A Chios, l'adversaire de Martino, Léon Kalothetos, se rapproche du nouvel Empereur Andronicus Paléologue en lui soumettant un plan de reconquête de l'île sur les Byzantins. Martino est ainsi convoqué à Constantinople pour expliquer pourquoi il a construit une forteresse sans autorisation. Martino riposte en enlevant le drapeau impérial, hissant le sien propre et se retirant dans la forteresse. L'Empereur envoie alors une flotte pour prendre l'île mais la négociation de Martino pour la paix et sa propre sûreté échoue lorsqu'il se rend compte que les Grecs et son propre frère lui sont opposé. Il est fait prisonnier et emmené à Constantinople. Il sera offert à la noblesse Grecque et Latine de l'île un bail dans les mêmes termes que l'on avait offerts à Benetto II. Mais ce dernier voulait l'île pour lui-même et riposta par l'affrêtement de huit vaisseaux génois à Constantinople qui firent route vers Chios. Il fut mis en déroute par les habitants et mourut d'une attaque quelques jours plus tard.

1329 ap.J.C – Expédition à Chios par Andronicos Paléologue.

1345-46 ap.J.C – Prise de Chios par les Génois qui la régissent jusqu'en 1566. Le Doge de Gênes emprunte de l'argent aux aristocrates Génois pour équiper une flotte de 25 galères et 6 000 hommes de troupe et faire un marché avec Roquebrune et le Prince Grimaldi de Monaco. La flotte, sous le commandement de Simone Vignoso, mets les voiles pour Monaco en avril 1346. [L'opposition avait 30 galères et 10 000 hommes, la flotte du Doge recherchait un sanctuaire à Marseille et la plupart des hommes offrirent leurs services aux français et prirent part à la bataille de Crécy.] Pour faire bon usage du prêt le Doge envoya immédiatement la flotte pour protéger les colonies génoises de la Mer Noire, mais à Chalcis, en Eubée, Simone Vignoso tomba par hasard sur une flotte de Vénitiens et de Rhodésiens qui avaient l'intention d'occuper chios. Simone se dirigea tout droit sur Chios, avertit les habitants de l'île et offrit sa protection s'ils acceptaient de s'enrôler sous le drapeau Génois et reçut l'approbation d'une douzaine de 'clients'. Il prétendit qu'il pouvait régler toutes objections de la part des Byzantins, en privé. Le gouverneur impérial, Zubos, se retira de la forteresse du Kastro pendant trois mois jusqu'à ce qu'il soit forcé d'accepter les conclusions généreuses le 16 septembre. Ces conclusions comprenaient la poursuite de la plupart des droits et privilèges de la noblesse de Chios et leur exemption de taxes ainsi que l'assurance que certains monastères puissent garder leurs biens et leurs propriétés. En retour, les Chiotes devenaient citoyens génois, payaient 7 000 hyperpera (mais seulement pour trois ans), livraient leur forteresse et faisaient allégence à Gênes. Simone Vignoso nomma un génois Podesta (gouverneur), continua par la prise de Phocea de la même manière et s'en retourna à Gênes en triomphe le 9 novembre.

1347 ap.J.C – Tant que le Doge ne put pas rembourser le prêt pour la flotte, une 'Mahona' (maona) ou compagnie de commerce, y compris l'amiral et les autres créditeurs fut crée le 26 février avec les droits d'exploiter les capacités commerciales de Chios et le devoir de la défendre en tant que possession du gouvernement génois. Cette disposition devait durer jusqu'à ce que les 203 000 lires génoises fussent payées dans la limite de 20 ans. Un gouverneur fut nommé mais devait-il encore respecter le fait que la Mahona se réjouisse de posséder l'île.

1363 ap.J.C – Le statut de l'île vis-à-vis de Byzance est enfin établi lorsque l'Empereur Paléologue concède l'île à la famille génoise Giustiniani contre paiement une rente annuelle de 500 hyperpera d'or.

1380-1388 ap.J.C – Conspiration contre les Génois à Chios, restée sans succès.

1389 ap.J.C – Important tremblement de terre à Chios.

1415 ap.J.C – Quoique nomément possession génoise, l'île est trop loin pour qu'on puisse lui garantir protection. C'est ainsi que le Sultan turc Mohammed I, établi non loin de Smyrne commence à demander un tribut de protection (avec des menaces) auprès de la compagnie de commerce génoise et des habitants de l'île. Le karatch (haratch) la capitation, devient un lourd tribut pour l'économie de l'île et le début de l'ouverture à la catastrophe de 1556. En 1415 le Sultan exige 4 000 ducats d'or par an, somme qui se monte ensuite à 6 000 ducats; en 1456 s'augmente encore de 6 000 ducats pour atteindre finalement la somme de 14 000 ducats.

1431 ap.J.C – Siège du kastro par les Vénitiens.

1453 ap.J.C – Prise de Constantinople par Mohammed II et les Turcs. Fin de l'Empire Romain de l'Est. Le Métropolite (évêque) de Moscou prend la direction de l'Eglise Orthodoxe après la chute de Constantinople.

1454 ap.J.C – Le Pape Calixte III confie à Jacques Cœur, Grand Argentier et banquier du Roi de France Charles VII, chargé de missions diplomatiques pour nouer des relations commerciales avec les pays du Levant, une flotte pour aller combattre les Turcs. Expédition au cours de laquelle il trouve la mort dans l'île de Chio.

1566 ap.J.C – Prise de Chios par Piali Pasha. Début de la main-mise des Turcs sur l'île.

1599 ap.J.C – Attaque restée sans succès, par les Florentins.

1677 ap.J.C – La population de l'île est estimée (par le Dr. Covel) à 40 000 personnes, constitu¬éée de grecs, Latins, quelques Turcs et encore moins de Juifs.

1681 ap.J.C – Bombardement du port de Chios par Dequesne.

1694-1695 ap.J.C – Prise de Chios par les Vénitiens.

1695 ap.J.C – Rétablissement de la loi turque.

1794 ap.J.C – La population est estimée (par Dallaway) à 150 000 personnes. Les Latins (principalement des Génois) tombent de 8 000 avant 1688 à 150 en 1928; les Turcs de 6 000 en 1695 à 1 500 en 1890 (3 en 1928 et 1 en 1940). Les Juifs ne furent jamais plus que 300 en 1677 (10 en 1928 et 2 en 1940).

1821 ap.J.C – Début de la Guerre Grecque pour l'Indépendance. Chios reste en dehors.

1822 ap.J.C – Soulèvement contre les Turcs. Massacres de Chios.

1827 ap.J.C – Expedition de Fabvier à Chios – un échec.

1828 ap.J.C – Les Turcs évacuent la Grèce continentale.

1829 ap.J.C – Mahmoud, Sultan de Turquie, admet l'indépendance de la Grèce.

1830 ap.J.C – Le Protocole de Londres proclame la Grèce, royaume indépendant.

1831 ap.J.C – L'Autriche, la Grande Gretagne, et la Russie reconnaissent la Grèce en tant que royaume indépendant.

1881 ap.J.C – Important tremblement de terre à Chios.

1884 ap.J.C – Construction de l'actuelle et néo-classique Bibliothèque Koraïs, fondée par Adamantios Koraïs au 18è siècle et ainsi nommée après lui en 1928 lorsqu'elle commença de fonctionner indépendante. Les collections d'origine furent complètement détruites pendant les Massacres de Chios en 1822. La reconstitution de la bibliothèque commença en même temps que l'établissement du Gymnase de Chios en 1839. Le Conseil Administratif donna les fonds pour la construction de l'actuel Musée en 1884 qui fut ensuite rénové par la famille Argenti en 1948 et 1978. Il renferme actuellement plus d'un millier de volumes et de nombreuses et rares publications et manuscrits, englobant la Bibliothèque de I.M. Andrealis et des collections de livres, de peintures, cartes et artefacts, etc...

1913 ap.J.C – Libération de Chios Ce ne fut pas pas jusqu'à ce jour, après les deux guerres des Balkans, que la Turquie et la Grèce établirent leur mainmise sur les îles de la Mer Egée. Dans les années 1980 et 1990, toutefois, les deux pays, étaient encore capables de se disputer le contrôle des territoires de la Mer Egée!



NOTE HISTORIQUE:
Pendant les temps anciens, la ville de Chios, connut des périodes de grande prospérité économique et intellectuelle. En dehors du fait qu'elle fut connue pour sa redoutable marine et pour sa force commerciale qui marqua profondément la poussée scientifique et culturelle, Chios est aussi considérée comme le lieu de naissance du plus célèbre poète des anciens temps, Homère. Indubitablement Chios était alors l'une des plus importantes cités des colonies grecques en Ionie (Asie Mineure).

La prospérité de Chios déclina pendant la période romaine mais pendant l'occupation byzantine l'île la retrouva et ce pour environ 1 000 ans. Elle devint alors l'une de ses plus importantes provinces.

En 1346 elle fut occupée par les génois. En 1566 les Turcs Ottomans ayant conquis presque tout l'Empire Byzantin, chassèrent les génois, prirent Chios et l'occupèrent jusqu'en 1912, année où elle fut libérée et fit part intégrante de la Grèce.


2000-11-11
Mises à jour : 2003-10-07 | 2013-01-27 | 2016-09-03



© Françoise Bernard Briès.

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