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EL-GOLEA LE FORT |
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L'oasis
surgie du désert
Cette image est prise du ksar d'El-Goléa. Le regard s'étend sur l'horizon tout entier et laisse les yeux se poser tour à tour sur les tables calcaires érodées par le vent, les creux des dunes, la ville, et l'oasis luxuriante dont les frondaisons des palmiers occultent les jardins soigneusement entretenus, source de fruits et de légumes délicieux. Ce
jeune garçcon nous avait fait visiter le fort et nous nous sommes
arrêtés, baignés de l'immensité. Sur notre gauche,
au sommet d'une table calcaire, se dresse un rocher, clone du ksar ou presque.
Dans la lumière du soir, rougeoyante et chaude, nous sommes redescendus
au cur de l'oasis murmurante des eaux frémissantes dans les foggaras.
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![]() Imaginer ses occupants, surveillant l'horizon tout autour d'eux déployé, se perdre dans le dédale de ses ruelles enchevêtrées, et s'accouder sur un mur tombé pour admirer la vue sur le cirque de l'oasis est fascinant. Tout est rouge ocre, les falaises, le sable, les pierres et les rochers, donnant une lumière à nulle autre pareille à ce spectacle. Si le regard tombe verticalement il s'arrête sur le vert des palmiers, sur le blanc des coupoles des marabouts, et sur le gris inattendu du lac salé à la surface duquel on peut voir, le soir tombant d'étranges mirages.
Comme toujours dans le désert, le temps s'arrête. Tout devient lent, apaisé et calme. Nous avons profité de ce voyage pour parcourir cette oasis enchanteresse, nous laissant aller aux surprises renouvelées à chaque pas. Un rai de lumière qui perce les palmes et vient s'écraser sur des tomates ou des poivrons, le balancement des grenades entr'ouvertes, et l'eau omni présente, qui jaillit avec force de puits artésiens pour se précipiter dans les foggaras et courir nourrir toutes les plantes de l'oasis. Les palmiers, eux, ont les pieds dans l'eau...Ils y puisent tout le nécessaire pour donner les dattes, doigts de lumiére "Deglet Nour", qui sont aux nomades l'aliment qu'ils emportent avec eux, partout où ils vont.
"C'est de l'eauSans répit, elle coule ensuite dans les foggaras, petits canaux de terre, claire et fraîche, nourissant les arbres fruitiers, les plantes potagères et colorant les fruits et les fleurs; en un mot, donnant la Vie. Et le contraste entre cet eden verdoyant et frais est d'autant plus important que les alentours ne sont que pierres, sables et séches nudités. Au delà d'El Goléa, s'ouvrent les espaces infinis du Sahara, vers In Salah, Tamanrasset et l'Afrique profonde. Il n'était pas rare dans les années 60 de retrouver une voiture abandonnée, ses occupants non loin d'elle, que le soleil, la soif, la désorientation avaient réduits à des squelettes. Des inconscients qui se croyaient intrépides, étaient partis vers le Sud, seuls et sans soutien, croyant pouvoir dompter le désert. Sortis de la piste, tournant indéfiniment en rond sur le reg, perdant la notion du temps et de l'espace, avaient fini par être oubliés du monde. Il n'en est plus de même maintenant où il est nécessaire de prévenir pour s'aventurer au-delà de ces limites. |
![]() El Goléa, le ksar et la palmeraie |