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L'EST ALGERIEN
Promenade


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Timgad&AB
Ce n'est pas Alexandre le Grand après sa victoire de Gaugamélès...
C'est Alexandre devant l'arc de Trajan à Timgad...


Nous pouvions de temps en temps, et lorsque les enfants avaient des vacances, partir à l'Est ou à l'Ouest, pour leur faire connaître les magnifiques paysages trop longtemps interdits.

Nous sommes donc partis en famille un beau matin d'avril, vers l'Est un peu à l'aventure mais une aventure qui devait nous amener vers des sites superbes, témoins du passé ou simplement témoins d'une beauté indéniable qu'il nous plaisait, à nous parents, de revoir et de faire découvrir à Hélène, Alexandre et Cécile.
Djurdjura

Le Djurdjura enneigé [Merci Abdelkrim]
Nous prenions la route de bonne heure, laissant derrière nous l'amphithéâtre d'Alger, suivant la route moutonnière sur laquelle il n'y avait plus depuis longtemps de moutons, traversions Maison-Carré et filions sur la route vers Bordj-Menaïel, et Tizi-Ouzou, que nous laissions sur notre gauche pour aller par les Gorges de Palestro à Bouïra. C'était au mois d'Avril, toute la campagne verdoyait, le Djurdjura était encore enneigé. C'était magnifique. Le déjeuner à Bouïra nous reposait et nous repartions par la vallée de la Soummamm en son début vers Bordj-Bou-Arreridj.
La Soummam
Un arrêt apprécié dans le lit de la Soummamm

Nous avons filé ensuite vers Bordj et Sétif, berceau de la famille Bernard où mon arrière arrière grand père Alexandre Bernard, était notaire.

De là, direction Batna car nous voulions visiter les Aurès et Biskra. La route longeait des sebkret et de petits chotts, nous étions presque dans le désert. Avant d'arriver à Batna il fallait absolument aller voir Zana. Zana était l'oubliée, non encore fouillée et qui était une importante ville de garnison. Toutes ces ruines apparurent comme une espéce de mirage. Il n'y avait pas un chat, seulement le petit berger de service qui apparût comme toujours, venant on ne sait d'où avec ses chèvres. Quelques touffes de diss, quelques arbustes épineux mettaient une note vert pâle sur les pierres roses des murs écroulés, des colonnes tombées à terre et des arches dont on apercevait seulement les deux tiers, le reste étant enfoui encore.
Zana

Il nous fallait visiter tout cela mais auparavant, je prévenais les enfants de se méfier des scorpions. En effet, dans ces endroits, et sous toutes ces pierres chauffées au soleil, les scorpions élisaient domicile et rien de plus venimeux que ces scorpions là surtout pour des enfants!!!

A peine étaient-ils sortis de la voiture qu'ils soulevaient une grosse pierre et... il y avait bien un scorpion. Surpris il nous menaça, la queue retournée mais... après l'avoir bien regardé et photographié nous le laissâmes partir. Les épigraphes étaient aussi très intéressantes.

Cette pierre gravée était presque intacte. Il ne nous manquait que notre ami Serge Lancel pour nous traduire cette épigraphe si bien conservée. Elle avait presque deux mille ans...Que pouvait révéler toutes ces pierres, toutes ces colonnes, ces maisons ??? cela resterait probablement un mystère tant que cette ville ne serait pas fouillée.Il fallait partir pour gagner Batna et c'est un peu nostalgiques que nous avons laissé Zana. La route n'était pas longue pour arriver à Batna où nous avons dîné et dormi..epigraphe

Zana

[Sur l'emplacement de Zana, les pierres taillées affleurent la surface tandisque l'arche d'une porte se dresse péniblement au dessus. A droite la pierre gravée et l'épigraphe presque intacte]
Arc de Trajan
Avant de descendre les gorges de l'Oued el Abiod pour lesquelles nous voulions beaucoup de temps, nous avons passé la journé à Timgad à quelques kilomètres de là. Timgad est merveilleuse et parait immense à côté de Zana. Mais on y retrouve la même couleur de pierres, chaude, dorée,; ville endormie et pourtant tellement vivante. Crée par la IIIème Augusta en l'an 100, sous le règne de Trajan elle fut un centre de colonisation dans un site admirablement choisi. Le plan de Timgad apparait en un seul coup d'œil.





Arc de Trajan


Une voie est-ouest, le Decumanus maximus, bordée de portiques à colonades et une voie nord-sud, le Cardo maximus, toutes deux pavées de calcaire blanc qui porte encore les traces des roues des chars qui les empruntaient. A leurs extrémités se dressent des arcs de triomphe monumentaux, le plus remarquable étant celui de Trajan parfaitement restauré, dans la perspective du Decumanus. Vue d'un peu loin, Timgad semble avoir été fauchée par une immense faux n'ayant laissé que des fûts de colones dressés comme les éteules d'un champ de blé.
Fontaine




L'empreinte des roues sous l'arc de Trajan et une fontaine qui coule depuis 2000 ans !!!

On pense à un défi lorsque l'on imagine la construction d'une telle ville. Tout alentour est sec et sans aucun arbre sans végétation, contrairement à Djemila qui était entourée de forêts. Et si Timgad a vécu c'est par les magnifiques travaux d'adduction d'eau que firent les romains. En voyant cette image on peut penser à la pérennité des choses : l'eau coule comme il y a deux mille ans ou presque...

Malheureusement cette ville si belle ne perdura point. Timgad n'avait pas de remparts et au début du VIè siècle elle fut détruite par les Maures. Les Byzantins ne prirent pas la peine de la relever... Après eux ce fut l'abandon complet et les hommes ne voulurent plus habiter une ville devenue fantôme. Elle tomba dans l'oubli. Elle avait été pourtant importante, avec son théâtre, son Capitole, des chapelles et des vestiges d'églises, témoins de l'existence d'une communauté chrétienne importante.
Le lendemain nous irions à Lambèse, mais il nous était difficile de détacher notre regard de ces colonnes et ces arcs dans la lumière du couchant.

Le capitole
Les colonnes du Capitole.

Avec notre voiture spacieuse et si rapide !!! nous avalions les kilomètres facilement, de surcroît, Lambèse n'était pas loin.

Le praetorium C'est au début du 2è siècle et probablement sous Trajan que la légion et les corps auxilliaires s'installèrent au pied nord du massif des Aurès, à Lambèse. Ce fut une ville militaire avant tout. Sa position était admirablement choisie, surveillant les montagnes et gardant la route du Sud qui remonte du Sahara par le défilé d'El-Kantara et la route de l'Ouest qui menait à la Méditerranée. Elle comportait deux camps, dont l'un est très bien conservé avec des remparts dont on peut encore voir les vestiges en pierre de taille, deux voies principales - comme d'ailleurs à Timgad - avec quatre portes à leurs extrémités. A leur intersection s'élève le quartier général du commandant de la légion : le praetorium qui se dresse encore au milieu de la nudité environnante, imposant bloc avec ses portes cintrées et ses colonnes corinthiennes.






Lambese capitole Après avoir été militaire uniquement, Lambèse devint une ville de garnison, les familles des légionnaires s'étant installées, amenant avec elles, des commerçants et des artisans. Elle devint alors une colonie romaine avec un temple d'Esculape, des thermes, des arcs de triomphe, le Capitole. De tout cela il reste d'importants vestiges. Mais comme Timgad, Djemila, Lambèse fut abandonnée à son triste sort, subissant les injures du temps, des intempéries et des hommes qui ne la respectèrent pas. chapiteau corinthien

Le reste du Capitole à Lambèse et un chapiteau corinthien.

Création : 2003-02-20

Mises à jour : 2003-09-30|2011-02-13|2013-1015 | 2016-08-10

Bibliographie : L'Algérie de H.Isnard - Arthaud Editeur - 1954
L'Algérie de Hubert Nyssen - Arthaud Editeur - 1972
Photos FBB - © 2003 - Françoise Bernard Briès


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© Françoise Bernard Briès.

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