Personnel
Le Fantôme du Chemin de la touche...
"Ils sont allés ce soir s'embrasser sur la bouche..."



fbb

FBB vue par JL.Sauvage dans les années 50...


C'était l'époque bénie de la Fac... Nous découvrions la liberté d'action, un peu plus de responsabilités et surtout les élans qui ne manquaient pas de nous envahir sans arrêt. Les amours débutantes et merveilleuses qui ne laissaient pour l'heure aucun goût d'amertume dans le cœur.

AU CHEMIN DE LA TOUCHE

Chemin de la Touche - Alger - Photo Jean Couranjou ©

Au chemin de la Touche
Ils sont allés ce soir
S'embrasser sur la bouche
Et s'aimer dans le noir



La main dans la main
Ils ont quitté l'auto
Le long d'un vieux chemin
Parmi les haricots



Ils ont marché longtemps
Ecoutant la chanson
Que fredonnait le vent
A travers les buissons



L'air était pur et l'herbe
Douce comme la mousse
Trois grands arbres superbes
Régnaient sur cette brousse



C'est là qu'ils sont restés
Longtemps, se regardant (on le suppose)
C'est si bon d'aimer
Au début du printemps



NB.On remarquera la richesse des rimes !!!

Le chemin de la Touche était une adorable petite route, perpendiculaire à la route de Kaddous...Il n'y avait pas que "trois grands arbres superbes".Mais, le bordaient des oliviers énormes dont la souche devait probablement dater de plus d'un millénaire.

Sur la photo on peut remarquer l'entrée d'une maison. Il s'agit de Djenan Baldjiqui fut habitée dans les années 60 par Mr Robinson , Ambassadeur du Royaume-Uni à Alger. Le chemin de la Touche s'en va tranquillement vers la droite. Mais avant de clore ce petit chapitre, il faut quand même que je vous dise que cette merveilleuse maison appartenait et ce depuis de nombreuses années, à Ernest Goinard qui laissa une brillante suite dans la médecine d'alors, en Algérie.

"Ernest, fut mis en pension à l'école apostolique de Saine-Eugène, créée par le cardinal Lavigerie. Il poursuit ses études avec la ferme volonté de suivre le chemin tracé par son père. Il est sur les mêmes bancs que celui qui sera toute sa vie son grand ami : le futur Mgr Dauzon, dont la vie est relatée dans ces Cahiers.

Il entre à l'Ecole de médecine d'Alger où il apparaît d'emblée comme un élève très brillant. Il est major aux concours successifs d'externat et d'internat. Après une année d'internat à Lyon, où il rencontre celle qui deviendra son épouse, il est envoyé, en 1893, sur sa demande, à Bir-Rabalou au centre d'une épidémie qui sévit sur l'Algérie tout entière et fait de nombreuses victimes.

De retour à Alger, il enlève successivement, en 1896, le clinicat de chirurgie et, en 1897, le chirurgicat des hôpitaux. L'année suivante, le voici professeur suppléant du professeur Merz, alors malade, à la chaire de pathologie chirurgicale et d'obstétrique de l'Ecole de médecine où il est chargé de l'enseignement clinique. Ses leçons attirent les élèves car elles sont claires et souvent accompagnées de démonstrations. Il manie le forceps avec dextérité, à la manière des grands maîtres lyonnais.

A la mort du professeur Merz, le choix de son successeur ne fait de doute pour personne. Mais, dans le milieu médical, le succès, surtout lorsqu'il esr rapide et brillant, ne va pas sans périls. C'est l'époque où la République guerroie contre la religion. Ernest Goinard, profondément catholique et ne cachant pas ses opinions, est écarté de l'Ecole de médecine devenue Faculté, la chaire vacante étant attribuée à un professeur de Beyrouth.

L'hôpital lui ouvre alors ses portes. Le voici à la tête d'un grand service de chirurgie où il va pouvoir donner toute sa mesure. Survient la guerre. Ernest Goinard gagne le front. Devant Verdun, il recueille la succession du professeur Cunéo. Elle n'est pas trop lourde pour ses mains habiles. Il reviendra à Alger avec la Légion d'honneur et la Croix de guerre.

Il se donne désormais tout entier à la chirurgie, partageant son temps entre la ville et l'hôpital. Toutes les régions du corps lui sont familières et il conduit avec autant de sûreté une trépanation, une résection du coude ou une néphrectomie, mais la gynécologie reste son domaine d'élection.

Les dernières années de sa carrière ont été éclairées par la présence de son fils Pierre qui avait suivi la même voie. Ils opèrent ensemble dans une merveilleuse harmonie de gestes qui est en même temps l'harmonie de deux esprits unis dans un même désir de perfection.

Atteint par la limite d'âge, Ernest Goinard se consacre à sa clientèle privée.

Un soir, pour la dernière fois, il est venu s'asseoir dans une salle de cours. Un homme jeune gravit les degrés de la chaire. Aux côtés du gouverneur général de l'Algérie, le docteur Ernest Goinard, chirurgien des hôpitaux, assiste à la leçon inaugurale du professeur Pierre Goinard, son fils.

Deux ans plus tard, le 17 novembre 1954, la mort le saisit brusquement comme pour lui éviter les souffrances que lui auraient causé les événements qui ont conduit à la perte de son Algérie.

Ernest Goinard laisse le souvenir d'une vie toute droite et bien remplie, celle d'un grand Français, vertueux chrétien et chirurgien admirable.

Odette Goinard "


Les cheveux en baguettes
Et le nez retroussé
De trente et un chaussée
Au bec une cigarette :

Françoise aux Facultés

Un petit air rusé
Et un sourire canaille
Bikini en bataille
Démarche un peu blasée :

Françoise va à la Baille

Coup de volant guerrier
Accélération franche
Allez, ma vieille branche !
Cent à l'heure en palier :

Françoise motorisée ou (le permis d'écraser)

Petit mollet garni
D'un beau bleu violacé
La fesse bien tannée
Un air de walkyrie :

Françoise en cavalier

Rimes de mon ami Jean-Luc Sauvage


Il y avait aussi Marcel. Marcel avec qui après les cours dans le grand amphi Peltier, venait me cueillir à la sortie pour "faire un tour" sur sa grosse Triumph.. C'était parti. Sans casques, à toute vitesse sur la route de la Pointe Pescade et de là vers la forêt de Baïnem nous roulions comme des fous sans aucune restriction de peur ou d'apréhension... Les temps ont bien changé...Et lorsque, fatigués du vent de l'air, de la vitesse et que nous nous retrouvions tous à discuter sans fin sur Anouilh, Sauvy ou autre, il pondait aussi des sonnets qui venaient dire ce qu'il n'osait pas dire tout haut.

Je relis maintenant tous ses poèmes, émue, heureuse d'avoir suscité ces amours jeunes et merveilleuses.
S'il était une chose à laquelle j'avais droit
Dans mon isolement, ma triste solitude
C'était, pardonne-moi, en mon âme je le crois
A un peu de pitié et de sollicitude.

Il m'eut été bien doux de t'avoir près de moi
Quand par ces jours brumeux, mon âme s'en allait
Perdue dans les ténèbres de sa propre voix
A la vaine recherche de ce qu'il lui fallait.

Il eut suffit alors pour mon inquiétude
Que tu puisses, répondre à mon amitié
Et que par tes silences, ta douce quiétude

Tu me montras enfin, au moins de la pitié...
Il fallait seulement de la mansuétude
Cela aurait suffi à mon absurdité



Bien triste comédie que celle de cet enfant
Qui par des airs tragiques et des silences profonds
Semble croire arriver à être intéressant.
Sinistre égarement de quelque pauvre c...

Qui joue au grand génie, au génie délaissé
A celui qui toujours et partout incompris
Ne s'apercevant pas qu'il est au fond raté
S'en va tout seul et de lui-même épris

Voilà ce que peut-être en ton âme tu penses
Et que malgré toi tu ne peux croire que vrai...
Par amitié pour moi, n'ai pas envie de rire

Car si tu le montrais, encore dans ma démence,
J'irais jsuqu'à tomber, et te pardonnerais
Et accepterais tout pour un de tes sourires

M.D.

M.D. est devenu un grand médecin.




Mes deux Algéries...

Alors, pour moi Alger est mon enfance, quand j'étais petit, mais aussi un lieu, une ville, un pays spécial, parce qu'il occupe tant de place dans ma mémoire et dans mon cœur ! Alger, c'est à la fois la ville et le temps que j'aime par mon intelligence et cet endroit et ce moment merveilleux que j'aime d'amour dans mon cœur ; Alger, je pourrais dire que je l'aime comme une femme, c'est vrai Alger est sensuelle, elle sent bon ou elle pue selon les jours et les endroits...

*****

L'Alger que j'aime est
F raîche
R ose
A moureuse
N imbée de la couleur du soleil lorsqu'il se lève sur La Pérouse
C olorée
O lympienne
I risée quand la pluie de la baffagne arrive de Cap Caxine et traverse la baie
S ublime comme la baie
E ternelle dans mon cœur.

*****

Ces lignes n'en ont pas l'apparence... mais ce sont des alexandrins.

Et puis il y avait Yves le poète, Yves le Lunaire, Yves amoureux, Yves... Il n'y a pas d'égal à Yves qui n'est plus là pour nous enchanter mais qui reste encore plus présent qu'il ne le fut jamais.

Yves et Françoise
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La tempête a soufflé hier
Sur les campagnes
Le démon de la haine
A soulevé le calme
De nos amitiés pleines
Mais oublions la haine
Ce matin sur la plaine
Le soleil se mire, s'admire
Dans les flaques d'eau
Qu'hier il a semé
Au hasard de sa course
Il les sèche aujourd'hui
Il les assèche
Faisons de même
Séchons nos pleurs
Au soleil de nos amitiés


Création : 2002-03-24
Mises à jour : 2002-10-28 | 2003-10-05 |2010-06-13 | 2012-10-22 | 2013-01-26 | 2014-02-09





© Françoise Bernard Briès.
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