C'était l'époque bénie de la Fac... Nous découvrions la liberté d'action, un peu plus de responsabilités et surtout les élans qui ne manquaient pas de nous envahir sans arrêt. Les amours débutantes et merveilleuses qui ne laissaient pour l'heure aucun goût d'amertume dans le cur.
Au chemin de la Touche
Ils sont allés ce soir
S'embrasser sur la bouche
Et s'aimer dans le noir
La main dans la main
Ils ont quitté l'auto
Le long d'un vieux chemin
Parmi les haricots
Ils ont marché longtemps
Ecoutant la chanson
Que fredonnait le vent
A travers les buissons
L'air était pur et l'herbe
Douce comme la mousse
Trois grands arbres superbes
Régnaient sur cette brousse
C'est là qu'ils sont restés
Longtemps, se regardant (on le suppose)
C'est si bon d'aimer
Au début du printemps
NB.On remarquera la richesse des rimes !!!
Le chemin de la Touche était une adorable petite route, perpendiculaire à la route de Kaddous...Il n'y avait pas que "trois grands arbres superbes".Mais, le bordaient des oliviers énormes dont la souche devait probablement dater de plus d'un millénaire.
Les cheveux en baguettes
Et le nez retroussé
De trente et un chaussée
Au bec une cigarette :
Françoise aux Facultés
Un petit air rusé
Et un sourire canaille
Bikini en bataille
Démarche un peu blasée
Françoise va à la Baille
Coup de volant guerrier
Accélération franche
Allez, ma vieille branche !
Cent à l'heure en palier
Françoise motorisée ou (le permis d'écraser)
Petit mollet garni
D'un beau bleu violacé
La fesse bien tannée
Un air de walkyrie
Françoise en Cavalier
Il y avait aussi Marcel. Marcel avec qui après les cours dans le grand amphi Peltier, venait me cueillir à la sortie pour "faire un tour" sur sa grosse Triumph.. C'était parti. Sans casques, à toute vitesse sur la route de la Pointe Pescade et de là vers la forêt de Baïnem nous roulions comme des fous sans aucune restriction de peur ou d'apréhension... Les temps ont bien changé...Et lorsque, fatigués du vent de l'air, de la vitesse et que nous nous retrouvions tous à discuter sans fin sur Anouilh, Sauvy ou autre, il pondait aussi des sonnets qui venaient dire ce qu'il n'osait pas dire tout haut.
Je relis maintenant tous ses poèmes, émue, heureuse d'avoir suscité ces amours jeunes et merveilleuses.
S'il était une chose à laquelle j'avais droit Dans mon isolement, ma triste solitude C'était, pardonne-moi, en mon âme je le crois A un peu de pitié et de sollicitude.Il m'eut été bien doux de t'avoir près de moi Quand par ces jours brumeux, mon âme s'en allait Perdue dans les ténèbres de sa propre voix A la vaine recherche de ce qu'il lui fallait. Il eut suffit alors pour mon inquiétude Que tu puisses, répondre à mon amitié Et que par tes silences, ta douce quiétude Tu me montras enfin, au moins de la pitié... Il fallait seulement de la mansuétude Cela aurait suffi à mon absurdité
Bien triste comédie que celle de cet enfant Qui par des airs tragiques et des silences profonds Semble croire arriver à être intéressant. Sinistre égarement de quelque pauvre c...
Qui joue au grand génie, au génie délaissé A celui qui toujours et partout incompris Ne s'apercevant pas qu'il est au fond raté S'en va tout seul et de lui-même épris Voilà ce que peut-être en ton âme tu penses Et que malgré toi tu ne peux croire que vrai... Par amitié pour moi, n'ai pas envie de rire Car si tu le montrais, encore dans ma démence, J'irais jsuqu'à tomber, et te pardonnerais Et accepterais tout pour un de tes sourires
M.D.
M.D. est devenu un grand médecin.
Mes deux Algéries...
Alors, pour moi Alger est mon enfance, quand j'étais petit,
mais aussi un lieu, une ville, un pays spécial, parce qu'il occupe
tant de place dans ma mémoire et dans mon cur !
Alger, c'est à la fois la ville et le temps que j'aime par mon
intelligence et cet endroit et ce moment merveilleux
que j'aime d'amour dans mon cur ; Alger, je pourrais dire que
je l'aime comme une femme, c'est vrai Alger est sensuelle,
elle sent bon ou elle pue selon les jours et les endroits...
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L'Alger que j'aime est
F raîche R ose A moureuse N imbée de
la couleur du soleil lorsqu'il se lève sur La Pérouse C olorée O lympienne I risée
quand la pluie de la baffagne arrive de Cap Caxine et
traverse la baie S ublime comme la baie E ternelle dans mon cur.
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Ces lignes n'en ont pas l'apparence... mais ce sont des alexandrins.
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