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L'ICONE DE IANNIS ET LA BAGUE DE LOULA |
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Zannis Zygomalas et Loula Vlasto |
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Si je n'avais pas trouvé des Vlasto sur le Net... Si je n'avais pas continué mes recherches sur les familles dont j'étais issue...Si, par enthousiasme je n'avais pas parlé autour de moi et auprès de ma famille, de tout cela je n'aurais pas pu raconter la petite histoire qui suit... Dans mon enfance et mon adolescence, ma grand-mère et mon père me parlaient souvent de nos ancêtres venus de l'Ile de Chios...C'était lointain et un peu hors de portée, mais il restait d'eux des souvenirs concrets... Au-dessus de la table de nuit de Grand-Maman, était accrochée une icône revêtue d'argent et représentant une Vierge à l'Enfant. Leurs visages étaient noirs...Ne restait d'eux que du bois teinté. Cela m'intriguait et un jour mon Père me raconta l'histoire de l'icône, enterrée par Iannis Zygomalas dans le jardin de la maison qu'il avait à Chios au moment de la terrible journée des Massacres en Avril 1822. Ils fuyaient les hordes turques et s'embarquaient pour l'inconnu, retrouver d'autres membres de leur famille réfugiée à Syros puis à Livourne. Une fois la paix revenue à Chios, Iannis retourna dans son île natale, retrouva l'icône enterrée par lui et la rapporta. Depuis ce temps, elle est toujours là et à mon tour, c'est moi qui l'ai accrochée à côté de mon lit. Jusqu'à l'année dernière je l'admirais beaucoup, me disant que j'étais "gardienne" de cette image dans notre famille depuis 1789. Mais c'était sans plus. En Mars 1999, ensemble avec ce nouveau "cousin", nous sommes partis à Chios sur les pas de nos ancêtres...Et pour nous allait éclater une histoire que nous touchions réellement du doigt. En effet, à Chios, nous retrouvions à la fois tous les souvenirs de ces Massacres mais aussi, les maisons que Iannis Zygomalas, Loula Vlasto, mes ancêtres, Michael Vlasto et bien d'autres encore de nos "cousins", possédaient dans la ville même de Chios ou bien encore dans le Kampos, endroit privilégié pour passer les mois d'été dans de merveilleux jardins remplis d'orangers et de citronniers. Ils partirent et furent sains et saufs. Livourne fut leur première ville d'accueil où ils retrouvèrent nombre des leurs. Ils y demeurèrent quelques années, et s'établirent ensuite à Marseille. On suppose que c'est de Livourne que Iannis retourna à Chios pour y rechercher l'icône et qu'il la rapporta. Les familles exilées, commencèrent de s'établir et de fonder de nouvelles sociétés d'armement de navires et de commerce. C'était le moment de la conquête de l'Algérie. Iannis était encore jeune et entreprenant. L'aventure le tenta et il décida de s'y rendre pour fournir l'armée française en grains. Il partit avec Loula, leur fille Arghyro alors âgée de dix ans et des cousins. J'imagine qu'ils trouvèrent là, un peu la même vie qu'à Chios. La flore était identique, le climat à peu près pareil et les habitants, devaient ressembler aux turcs qu'ils avaient eu l'habitude de fréquenter avant 1822 puisqu'ils n'étaient pas loin d'eux - la côte de Turquie est à quelques miles marins de Chios - Leur fille se maria avec l'homme de confiance de Iannis, Athanase Floros, et donna naissance à sept enfants, six filles et un garçon, dont mon arrière grand-mère Julie. Comme il est coutume dans les familles, les bijoux et objets précieux se transmirent de filles en filles. Loula portait une bague en fuyant Chios. Elle fut donnée à la dernière fille d'Arghyro, mon Arrière-Grand-Tante Calliope. Mon Arrière-Grand-Mère Julie, conservant l'objet le plus précieux de tous les objets et bijoux, l'icône que je regarde maintenant avec beaucoup plus de respect et d'admiration. Lorsque je faisais toutes ces recherches, j'ai eu plaisir à les raconter à une de mes cousines, descendante elle aussi de Iannis et Loula. Elle me raconta alors que notre grande cousine, Jeannette, fille de Calliope, lui avait montré une bague, surmontée d'une couronne, avec une belle pierre au centre et de plus petites autour. Je n'avais personnellement jamais entendu parler de cette bague, mais rajouta-t-elle : " Cousine Jeannette m'avait dit à cette époque que cette bague serait pour toi, Françoise. "Est-ce que tu l'as encore ? Je m'empressais de répondre que je n'avais jamais vu cette bague et même que je n'en avais jamais entendu parler. Cela me trottait dans la tête et j'en dis un mot un jour, à la belle-fille de Cousine Jeannette, Toutiou, qui avait hérité des bijoux de sa belle mère et par conséquent de sa Grand-belle Mère, Calliope. "Oh me répondit-elle, cela m'étonnerait que Janine ait vu cette bague puisqu'elle avait été démontée dans les années 1900 par Calliope pour en faire un croissant, ce bijoux étant à la mode à cette époque." Ella ajouta : " Mais, tu sais, lorsque j'en ai hérité de Jeanette, je n'aimais pas trop les bijoux style arabe et j'ai fait démonter le croissant pour en faire une barrette, mais il est vrai que la pierre centrale est celle de la bague de Loula". |
![]() Tante Hélène Jullian, née Floros, petite-fille de Loula, portant le croissant |
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La monture de la bague de Loula |
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Je ne pensais pas une minute que ce jour arriverait si vite. Pendant un séjour chez mon amie Yvette à Toulon, je lui racontais l'histoire de la bague de Loula. Elle m'indiqua aussitôt un bijoutier qui faisait de jolis travaux à façon. Lorsque je lui montrais la monture en lui demandant s'il pouvait faire "revivre" cette bague, il fût intéressé par son histoire et accepta de l'arranger. Je l'ai reçue ces jours derniers et c'est avec une grand émotion que je la mis à mon doigt, imaginant Loula sûrement heureuse de voir "sa bague" de nouveau vivante. C'est un hommage que je lui porte. Elle restera le témoin de toute l'histoire de notre famille depuis 1822. |
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La bague de Loula |
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Création : 2000-05-04 Mises à jour : 2003-05-25 2003-11-16 2007-08-06 |
© Françoise Bernard Briès |